Juste un coup d’oeil – Mai 68 en images à la BnF


Le temps d’une conférence organisée par les Amis de la Médiathèque, la Médiathèque de Troyes Champagne Métropole a reçu les deux commissaires de l’exposition « Icônes de Mai 68, Les images ont une histoire ». Audrey Leblanc et Dominique Versavel répondent à nos questions et expliquent leur travail.

 

Audrey Leblanc (à g.) et Dominique Versavel (à d.)

 

Audrey Leblanc, pouvez-vous vous présenter et décrire votre travail historique autour de l’image ?

A. Leblanc : Je suis docteure en Histoire et en Histoire de la photographie de l’Ecole des hautes Etudes en Sciences sociales. Mon doctorat portait sur l’image de Mai 68 et son passage du journalisme à l’histoire. Lors de ce doctorat, mon idée était de montrer comment construire une histoire des images du photojournalisme, circulant principalement dans la presse magazine, permet de discuter le récit historien de Mai 68 par les images. L’un ne va pas sans l’autre : une documentation des corpus visuels est indispensable pour pouvoir s’en servir comme documents des événements.

 

Dominique Versavel, vous êtes conservatrice à la BnF, pouvez-vous expliquer votre travail dans cette institution ? Quels fonds conservez-vous ?

D. Versavel : Je suis conservatrice chargée des collections de photographies modernes et de presse au Département des Estampes et de la Photographie. Ce travail implique de conserver et d’enrichir les collections, mais aussi de les valoriser, notamment à travers des expositions dont je suis parfois commissaire.

 

Vous êtes toutes les deux commissaires de l’exposition qui se tient à la BnF autour de Mai 68. Le choix que vous avez fait de traiter l’histoire de Mai 68 par l’images et avec les images s’est-il imposé naturellement ? La BnF conserve-t-elle dans ces fonds des images de cette époque qui sont particulièrement connues et qui ont marqué la mémoire collective ?

D. Versavel : L’idée de traduire le travail d’Audrey Leblanc en exposition est venue avant même celle de Mai 68. L’envie était de traduire ce travail en exposition et de lui donner une visibilité auprès d’un public différent. Il se trouvait que nous étions quelques années avant la date du cinquantenaire de Mai 68 ; cette idée a donc été retenue pour cet anniversaire.

Pour répondre à la seconde question, cette exposition trouve sa place à la BnF du fait des collections que nous conservons. Des tirages photographiques bien sûr, dont certains se trouvent être les icônes que nous évoquons dans l’exposition, mais aussi beaucoup de supports imprimés qui sont les versions de diffusion de ces images. Les collections d’ouvrages et de périodiques de la BnF permettent d’expliciter la manière dont ces images ont fait leur chemin jusqu’à nous.

 

Peut-on faire une comparaison entre le traitement médiatique de Mai 68, à l’époque, et le traitement médiatique des événements aujourd’hui ? Le traitement de l’image, dans cette culture médiatique, a-t-il trop évolué depuis cette époque ou fonctionne-t-il encore aujourd’hui de la même manière ?

A. Leblanc : L’un des enjeux de l’exposition est de montrer que la médiatisation des événements en 68 et aujourd’hui n’est pas du tout la même. Elle n’est pas construite de la même façon, quand bien même des corpus d’images propres sont parfois utilisés et constituent alors une comparaison entre les époques. Nous voulions rendre cette réflexion sensible dans l’exposition et cela se traduit par des choix scénographiques précis.

Quant à comparer le traitement de l’actualité entre Mai 68 et aujourd’hui, il y a évidemment quantité de différences. On ne peut pas ignorer que les contextes historiques et médiatiques ne sont bien sûr pas les mêmes, mais il y a aussi des modes de fonctionnements qu’on retrouve, y compris dans la gestion, la diffusion et la sélection des images. Le rôle qu’elles tiennent s’inscrit dans une construction multiple, à la fois textuelle, visuelle et graphique. C’est également un enjeu de l’exposition de montrer comment ces formes sont éditées. C’est cet ensemble qui traduit un récit de l’événement et pas seulement l’image prise isolément.

 

Quelques unes troyennes de Mai 68

La presse troyenne de l’époque s’est aussi fait l’écho de plusieurs journées de manifestation et de grèves à Troyes et dans le département de l’Aube.

Retrouvez ci-dessous quatre unes de Libération Champagne et de L‘Union qui mettent en parallèle les événements locaux et la politique nationale :

 

Merci à « L’Union » et à « Libération Champagne » pour leurs aimables autorisations de reproduction.

 

Exposition : « Icônes de Mai 68, Les images ont une histoire »

Du 17 avril au 26 août 2018

Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, Paris 13e

Nous vous conseillons également la très belle exposition virtuelle de la BnF autour de Mai 68, « Esprit(s) de Mai 68 ».

 

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