Napoléon l’Egyptien


Lorsqu’il quitte Toulon pour l’Egypte, en mai 1798, Napoléon Bonaparte projette de s’emparer du pays afin de bloquer la route des Indes à la Grande-Bretagne. La campagne militaire se solde par un cuisant échec ; mais l’expédition scientifique qui l’accompagne est à l’origine d’une fantastique aventure éditoriale, qui contribuera à faire connaître la civilisation égyptienne, et  lancera en Occident la mode de l’égyptologie.

En s’entourant de plus de 150 savants et artistes de formations très diverses, Napoléon inscrit la campagne d’Egypte dans la lignée des grands voyages d’exploration scientifique du 18e siècle. Son ambition est de réaliser une étude encyclopédique d’un pays jusqu’alors connu à travers des récits de voyage. Pendant quatre années, et dans des conditions difficiles dues à la chaleur, aux maladies et à l’insécurité, les membres de la Commission des sciences et des arts vont s’attacher à collecter, répertorier, dessiner ou cartographier avec une extrême précision tous les aspects de l’Egypte du début du 19e siècle.

De retour en France, l’aventure scientifique laisse place à une aventure éditoriale tout aussi exceptionnelle, qui voit naître un ouvrage collectif, monument de l’illustration, de l’imprimerie et de la reliure : La Description de l’Égypte, ou recueil des observations et des recherches qui ont été faites en Egypte pendant l’expédition de l’armée française.

Une première édition, dite « édition impériale » voit le jour en 1829. Tiré à 1000 exemplaires, l’ouvrage constitué de 23 volumes et de plus de 900 planches en couleurs est monumental et luxueux. Une seconde édition, plus abordable, est réalisée à partir de 1820.

Les volumes conservés à la médiathèque appartiennent à cette seconde édition, dite édition Panckoucke, du nom de son éditeur. Une partie provient de la collection de Charles Des Guerrois. A côté des 25 volumes de textes, l’ouvrage comprend 11 tomes de planches en noir et blanc. L’Antiquité y occupe une place prépondérante puisque 5 tomes lui sont consacrés.

L’Etat moderne et l’histoire naturelle sont décrits dans les 5 tomes suivants ; le dernier est un atlas, représentant sur 47 feuilles et au 1/100 000e, la topographie de l’Egypte.

Au moment de sa publication, c’est la plus grande œuvre jamais imprimée. Sa fabrication a nécessité des innovations nombreuses, comme l’emploi d’un très grand format, dit « grand aigle » (75×106 cm), pour représenter tous les monuments à la même échelle. Ce format exceptionnel a été pour les équipes de la Médiathèque Jacques-Chirac un véritable défi en matière de stockage : les volumes ont été répartis à trois emplacements différents. Une partie, conservée dans un meuble spécifique, est visible en Grande Salle.

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