C’était il y a 111 ans – La grande crue de 1910 à Troyes


La crue de janvier 1910 est restée dans l’histoire comme l’une des catastrophes naturelles majeures du 20e siècle. C’est également la première à être documentée, grâce à la photographie puis aux cartes postales qui en ont été tirées, et qui permettent aujourd’hui de mesurer l’importance des dégâts qu’elle a causés.

L’automne 1909 et le début de l’hiver 1910 ont été très pluvieux. Lorsque le grand froid s’installe en janvier, les sols gelés ne permettent plus à l’eau de s’infiltrer dans la terre. Les cantonniers tentent en vain de consolider la digue de Foissy, qui finit pourtant par céder. À Troyes, comme un peu partout dans le pays, le fleuve sort de son lit et envahit les rues.

Les quartiers populaires et ouvriers des Charmilles, du Vouldy et de la Moline sont les premiers à être touchés, bientôt suivis par le faubourg Saint-Jacques (aujourd’hui avenue du Premier mai) et le quartier de la cathédrale. Dans la nuit du vendredi 21 au samedi 22 janvier, le tocsin appelle les habitants du quartier des Tauxelles à évacuer leurs maisons, les abandonnant à la merci des eaux et des pilleurs. Les habitants du quartier bas, des Vassaules et de Preize ne tardent pas à faire de même. L’armée est appelée en renfort pour venir en aide aux habitants qui progressent péniblement dans les eaux glacées et le courant violent.

Le pic de la crue est atteint le samedi 22 janvier dans la matinée. L’eau a désormais envahi le quartier de la Préfecture, le bas de la rue Emile Zola, la rue Urbain IV et la place de l’Hôtel de ville. Les canalisations de gaz et d’eau sont rompues, les usines chôment, toute l’activité économique est paralysée.

Plusieurs ponts sont emportés par les eaux, les routes et voies ferrées sont coupées, les approvisionnements font défaut. Le Petit Troyen du 23 janvier relate que le maire de la commune de Saint-Parres-aux-Tertres « réduite à l’état d’île et privée de toute communication avec l’extérieur », s’est rendu à Troyes en barque pour acheter des provisions de première nécessité.

À Troyes, la grande crue de 1910 n’a fait aucune victime humaine, mais a laissé de nombreuses familles dans le dénuement le plus total. Les journaux locaux – La Tribune de l’Aube et Le Petit Troyen – lancent une souscription publique qui viendra compléter les secours de l’Etat. Plus de 150 cartes postales sont imprimées et vendues, dès le mois de février, dont certaines au profit de la caisse de secours aux sinistrés.

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