Vacances # 2 La baignade 1


La mode des bains de mer arrive en France à la fin du XVIIIe siècle. D’abord prescrits par le corps médical, ils sont réputés soigner des maladies aussi diverses que la rage, l’anémie, les maladies infantiles ou le rachitisme. Le « bain à la lame » est alors très codifié : le patient doit être plongé brutalement dans l’eau lors d’un unique bain quotidien, d’une durée progressive de 5 à 20 minutes, et ne pas y rester immobile.

Le respect des bonnes mœurs et l’interdiction de se déshabiller sur la plage font naître les premières « cabines de bain mobiles ». En bois ou en toile, portées par des hommes ou tirées par des chevaux, elles permettent aux baigneuses de se changer et d’accéder à la mer sans être vue depuis le rivage.

Vers 1860, on commence à découvrir les plaisirs du bain de mer. La plage devient un lieu de repos ou de promenade, mais avant tout de sociabilité et de distractions. Avec l’évolution des usages, des aménagements voient le jour : les cabines roulantes sont remplacées par des tentes ou des cabanes fixes, des planches couvrent le sable ou les galets. Les plages ne sont pas mixtes, mais se divisent en plusieurs zones délimitées par des cordages : une partie est réservée aux hommes, une autre aux femmes, une troisième aux familles.

Jusqu’en 1870, on se baigne, mais on ne nage pas. Il faut pour cela attendre les premières théories hygiénistes, qui prônent l’activité sportive, et les progrès de l’éducation physique, inscrite au programme des écoles de la IIIe République. La natation commence alors à s’enseigner, et se popularise en 1924 avec les Jeux Olympiques d’été qui se déroulent à Paris. Les stations balnéaires dotent  leurs plages d’équipements adaptés : postes de surveillance, plongeoirs, etc.

Mais la plage est aussi un lieu de représentation, reflet de l’évolution des mœurs.  Témoin de cette évolution, le costume de bain féminin cache d’abord une grande partie du corps.  Vers 1880, il comporte jusqu’à six pièces, le plus souvent en jersey de laine. Un pantalon bouffant jusqu’aux genoux, une chemise large à manche courte, un ceinture, un bonnet et parfois des bas et des chaussures. Destiné à cacher les hanches, un petit jupon court est porté par-dessus la chemise.

Progressivement, le code vestimentaire des bords de mer s’assouplit. Le corps se dénude, les jambes de pantalon remontent, le jupon disparaît, la chemise perd ses manches. Dans le sillage d’Annette Kellerman, nageuse australienne et star du cinéma muet qui, en 1907, est la première à oser porter un maillot sans manches et épousant les formes, le maillot une pièce va rapidement s’imposer. En 1915, il est devenu courant sur les plages américaines.

Bibliographie

Recherches sur l’usage et les effets des bains de mer, comprenant l’histoire abrégée des faits principaux qui ont été observés à Dieppe pendant l’année 1834, par le Dr Gaudet,…;  C.cart.586

Guide Pratique du Médecin et du Malade aux Eaux Minérales de France et de l’Etranger et aux Bains de Mer suivi d’une étude sur l’Hydrothérapie et d’un traité Thérapeutique des Maladies pour lesquelles on conseille les eaux par le Docteur Constantin James. mit. n.7.84/115

Les bains de mer et autres nouvelles.  Emile Zola. Chartreux – Jeunesse R ZOL

Bécassine aux bains de mer. texte Caumery, ill. J.P. Pinchon. Saint-André – Adultes BDA CAU

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