Top 10 Trésors #8 – la Bibliothèque bleue et les bois gravés 2


A l’occasion de la publication du livre « Trésors des bibliothèques et des archives de Champagne-Ardenne » en octobre 2019, 11km de Patrimoine vous donne le pouvoir et vous permet de voter pour votre trésor préféré ! Tous les mois, un nouveau trésor vous sera présenté jusqu’au vote final à l’automne 2019. Ces trésors seront également exposés dans les espaces de la Médiathèque à la fin de cette année. Quel sera votre choix parmi les dix trésors sélectionnés par l’équipe ?

Pendant près de trois siècles, des millions de livrets et almanachs populaires sont diffusés en France. Ils sont vendus très bon marché, directement chez les imprimeurs et surtout par un vaste réseau de colporteurs qui parcourent le pays. Ces ouvrages sont connus sous le nom de Bibliothèque bleue en raison de la couverture de papier bleu qui les recouvre souvent.

Un imprimeur troyen, Nicolas Oudot (1565 ?­ – 1636), réalise les premières productions de cette littérature populaire. Il réimprime, à peu de frais et sans grand soin, des textes anciens. Traitant de sujets instructifs ou divertissants, ces éditions remportent aussitôt un vif succès, d’abord à Troyes avant de s’étendre partout en France dès la fin du 17e siècle.

Si les premiers titres à succès sont les romans de chevalerie, les ouvrages religieux représentent la plus grosse production de la Bibliothèque bleue : vies de saints, abrégés de la Bible, recueils de cantiques. Des oeuvres de fiction sont également imprimées, comme les contes de Perrault. D’autres titres sont destinés à l’instruction : abécédaires, arithmétiques, livres de cuisine ou de jardinage… Les almanachs contiennent aussi des rubriques pratiques : calendrier avec les phases de la lune, dates des foires, etc.

Ces livrets accordent une place variable à l’illustration, mais toujours selon le procédé de la gravure sur bois ; cette technique consiste à creuser une planche de bois pour « épargner » les parties destinées à être encrées et imprimées ; le motif est ainsi gravé en relief. Ce procédé, au rendu plutôt grossier, tombe en désuétude au fil du 16e siècle, mais reste utilisé dans les impressions populaires. Les imprimeurs recyclent ainsi des séries de bois démodés. Il n’est pas rare de retrouver un même motif utilisé plusieurs fois dans un même livre, souvent sans grand rapport au texte.

A l’époque où la Bibliothèque bleue troyenne périclite, l’antiquaire troyen Louis Varlot publie deux recueils, l’Illustration de l’ancienne imprimerie troyenne (1850) et la Xylographie de l’imprimerie troyenne (1859), où il reproduit les motifs des bois qu’il collectionne. Le libraire Alexis Socard poursuit cette démarche et répertorie 124 pièces supplémentaires. Entrés à la Bibliothèque de Troyes, les bois gravés sont aujourd’hui au nombre de 780.

Fragiles et éphémères, les livrets et almanachs de colportage nous sont quant à eux parvenus grâce aux bibliophiles qui les ont collectionnés. Par dons et achats, la Médiathèque de Troyes a constitué une collection remarquable, qui compte aujourd’hui plus de 3500 pièces troyennes, françaises et étrangères.

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