Marie-Louise Driancourt, première femme pilote dans le ciel troyen ? 5


Troyes n’est presque jamais associée à l’histoire de l’aviation, mais des pionniers de « l’aérostation », encore considérée comme un sport à l’époque, se sont pourtant bien posés à St-Lyé, près de la ville champenoise. Press’Troyes leur a consacré un article l’an dernier. Parmi ces tous premiers aviateurs, on retrouve la trace d’une femme au destin tragique, Marie-Louise Driancourt.

 

Au milieu de la vingtaine de cartes postales conservées par la Médiathèque de Troyes Champagne Métropole qui témoignent des exploits des premiers aviateurs passés par Troyes, certaines attirent particulièrement l’attention. Elles mentionnent en effet une certaine « Mme Driancourt ».

Le programme du meeting de Troyes, lui aussi conservé à la Médiathèque, donne plus d’informations sur les biographies des sept aviateurs engagés : parmi eux, on retrouve bien Marie-Louise Driancourt, née à Lyon en 1887, dont la BHVP conserve un portrait ici.

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Comme le mentionne la note publiée dans le programme du meeting de Troyes, prévu les 10, 11 et 12 septembre 1911, elle a obtenu son brevet de pilote civil trois mois auparavant. Vivant à Paris, elle est basée au Crotoy où se trouve l’école de pilotes Caudron. Les frères Caudron, Gaston et René, sont deux pionniers passionnés de la même génération que Marie-Louise Driancourt ; ils produisent des appareils depuis 1909 et c’est l’un d’eux, un biplan, que Marie-Louise Driancourt utilise durant le meeting de 1911.

La présence de Mme Driancourt au meeting de Troyes n’est pas banale : elle n’est que la sixième femme à avoir obtenu son brevet de pilote en France sur un total de 525 pilotes brevetés à l’époque. Mariée depuis 1905, son mari l’autorise à voler et monte même avec elle en tant que passager.

On sait peu de choses des dernières années de la vie de Marie-Louise Driancourt : son mari meurt en 1912 et la laisse veuve et mère de trois enfants.

Malgré les difficultés financières qui suivent le décès de son mari, elle continue à pratiquer « l’aérostation ». Elle meurt à son tour en novembre 1914, à seulement 26 ans, dans des circonstances mystérieuses : un grave crash qu’elle a subi en mars 1914 est-il à l’origine de son décès ? Est-elle morte de la tuberculose comme le prétend une autre version ? A-t-elle été abattue par l’ennemi durant cette période de guerre ?

Membre discrète de l’Aéro-club féminin et féministe La Stella, fondé en 1909 par Marie Surcouf, elle est encore mentionnée en tant que membre de cette société en mars 1914 ; La Stella comprend alors sept femmes-pilotes et réserve aux femmes les places de membres décisionnaires. Les hommes ont le droit de monter à bord des avions de ces dames, à condition que leur rôle se limite à celui de passager ! Organisant des événements mondains, le club La Stella est une des rares associations qui portent à cette époque la parole féministe jusque dans la haute société.

 

            Aviatrice et aviateurs troyens : des noms à éclairer

En fouillant dans les fonds de la Médiathèque de Troyes Champagne Métropole et dans les publications d’histoire locale, on trouve la trace d’une aviatrice et de deux aviateurs troyens.

Suzanne Bernard, dont on peut voir un portrait ici, connaît un destin tragique : née en 1893, elle meurt à Etampes en 1912 alors qu’elle tente d’obtenir son brevet de pilote civil. Elle est alors âgée d’à peine 20 ans.

Boivin n’est mentionné que sur deux cartes postales conservées par la Médiathèque de Troyes Champagne Métropole dont l’une d’elle le qualifie de « sympathique ».

Pierre Daucourt est enfin celui dont la carrière est semble-t-il la mieux connue : né en 1879, breveté pilote en 1911, il réalise plusieurs exploits, remportant notamment la Coupe Pommery en parcourant 852km en ligne droite durant une journée entière. Parti pour un vol jusqu’au Caire en 1913, il atteint la Turquie mais ne peut continuer plus loin. Devenu lieutenant, il sert durant la Première Guerre mondiale. Il se distingue particulièrement durant l’année 1916 en bombardant l’usine de canons Krupp de Essen à seulement deux appareils avec le capitaine Beauchamp.


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