Les ateliers d’enluminure de Sylvie Schambacher 1


La Médiathèque du Grand Troyes vous propose régulièrement des ateliers-découvertes autour des collections patrimoniales. Ces ateliers sont gratuits. Pour y participer, une carte d’abonné Médiathèque suffit ! N’hésitez pas à consulter le programme d’animations.

Les 22 et 23 décembre derniers, Sylvie a réuni débutantes et passionnées lors d’un atelier consacré à l’enluminure. Deux après-midi studieux auront suffi à ces dames pour réaliser des cartes de vœux personnalisées, enluminées à la manière des manuscrits du Moyen Âge. L’ambiance est détendue mais l’enjeu sérieux : la transmission d’un patrimoine et d’une technique ancienne de décoration des manuscrits au XIIe siècle, l’enluminure romane.

Prenant pour modèle le trésor de la Bible de Saint Bernard, conservée dans les réserves de la Médiathèque, Sylvie a disposé sur des tables un choix de copies de lettrines enluminées ; l’ornementation des pages de titres, marges et lettrines (initiales majuscules) était ainsi réservée au travail d’enluminure.

 

 

Minutieuse, elle a savamment préparé les accessoires et ingrédients nécessaires à la fabrication de l’enluminure. Mille petites merveilles de nature peuplent ses tables chatoyantes : des racines de garance correspondant aux poudres de couleur rouge et rose, du safran (l’orange), de l’orpiment (les jaunes dorés), du curcuma (le jaune foncé), des pierres telles que les lapis-lazuli (les bleus) ou malachites (les verts). De ses promenades bucoliques, elle a aussi rapporté la gomme ou résine, extraite des cerisiers et abricotiers locaux, dont l’apport au mélange poudres de couleur et eau, permet de fixer les peintures.

Dans l’escarcelle de Sylvie, on trouve encore des clous de girofle qui, ajoutés aux poudres, leur assurent une meilleure conservation ; des noix de galle de chêne dont le tanin sert la fabrication de l’encre ; de la résine de « sang-de-dragon » cristallisée, provenant d’un palmier d’Asie du sud-est, le dragonnier, utilisée pour rougir l’encre et la peinture ; de l’or ou presque, des poudres métalliques extraites de la pyrite de fer pour le doré, du mica pour l’argenté qui donnent à l’enluminure son éclat et son relief.

Seuls le papier et la plume du stylo ont remplacé le parchemin et la plume d’oie de l’enlumineur. Ici quelques couleurs artificielles trichent un peu ; là un pilon qui ressemble à un porte-couteau… Pour le reste, ces dames ont reproduit par étapes les gestes de l’enlumineur, observant avec attention la préciosité de l’enluminure et le cheminement de la lettrine.
A partir d’un décalque au crayon à papier, transféré sur une carte, elles ont repris à la plume le tracé graphique de leur lettrine, appliqué la poudre métallique en premier, puis une première couche de peinture diluée. Elles ont superposé les couleurs en dégradé, puis terminé par l’application du blanc de titane pour cerner leur motif et intensifier la lumière.

Admirez le résultat…

 

Leslie Picardat
Médiation numérique du patrimoine / Médiathèque du Grand Troyes

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