Cabinet de curiosités #2 – Sur la terre comme au ciel


Les bibliothèques sont, étymologie oblige, des lieux où l’on conserve principalement des livres manuscrits ou imprimés. La formidable collection patrimoniale de la Médiathèque Jacques-Chirac en atteste. Mais les aléas de l’histoire, locale et nationale, ont régulièrement permis l’introduction dans les fonds d’éléments plus inattendus, comme des objets. 

Au cours des prochaines semaines, nous vous offrons une nouvelle série pour (re)découvrir quelques curiosités.

Alors que les premiers globes célestes apparaissent au Moyen Âge, notamment dans le monde islamique, la production des globes terrestres se développe à la toute fin du 15e siècle avec les grandes découvertes ; les globes invitent ainsi au voyage, mais aussi au commerce et à l’expansion maritime. Les navires qui sillonnent ces mers de papier illustrent bien la démarche.

La médiathèque de Troyes conserve deux globes, l’un terrestre, l’autre céleste, provenant de l’importante collection Bouhier, acquise à la veille de la Révolution par dom Raucourt, dernier abbé de Clairvaux.

Ci-contre : Malgré de nombreuses expéditions, la Terre n’est pas encore complètement connue à cette époque : l’Australie n’est ainsi pas entièrement dessinée, tandis que trois navires se dirigent vers elle, comme pour parfaire son exploration. Photo Médiathèque Jacques-Chirac, Troyes Champagne métropole

Ces globes sont datés de 1640 et signés à titre posthume du célèbre cartographe néerlandais Willem Blaeu (1571-1638), réputé pour son exactitude scientifique. Comme la plupart de ces confrères, il conçoit ses globes par paires : à une sphère terrestre correspond son pendant céleste, de dimensions et de facture identiques, disposant d’une même monture. Réalisés en 68 centimètres de diamètre, ces globes étaient alors les plus volumineux jamais construits. Montés sur une sphère de papier mâché, ils sont constitués de 12 ou 18 fuseaux gravés sur papier et aquarellés, le tout verni. Ils sont soutenus par un piètement d’époque en bois. Une boussole est également fixée à la base du globe céleste.

Ci-contre, le globe céleste. Photo Médiathèque Jacques-Chirac, Troyes Champagne métropole

L’arc en bois entourant chacun des globes est nommé arc d’horizon. Il est gradué de mesures qui permettent de saisir la rotation de la Terre ou le mouvement des astres durant chaque jour de l’année et mentionnent également les mois et les signes du zodiaque correspondants. Photo Médiathèque Jacques-Chirac, Troyes Champagne métropole

Les représentations des constellations et des signes du zodiaque, dont les noms sont inscrits en trois langues (latin, grec et arabe) sont de toute beauté ; dans le texte du cartouche, où l’on inscrit la légende ou des commentaires, Willem Blaeu rend hommage à celui qui fut son professeur, l’astronome danois Tycho Brahe (1546-1601).

Le globe terrestre comporte deux encadrés, l’un placé en Amérique du Nord, le second dans l’hémisphère Sud. Le cartographe y rappelle les évolutions de cette science, depuis l’Antiquité avec Ptolémée jusqu’à son époque, en passant par les grands explorateurs, tel Magellan.

L’un des cartouches figurant sur le globe terrestre. Rédigés en latin, ces cartouches sont souvent encadrés de personnages, dont certains savants identifiables. Photo Médiathèque Jacques-Chirac, Troyes Champagne métropole

Ces globes sont ainsi de belles invitations au voyage, sur la terre comme au ciel ! 

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